Les Jeux Olympiques de 1976 : une passion pour l’athlétisme transmise depuis 50 ans
En 1976, Benoit Leduc avait 28 ans et une curiosité insatiable. Professeur d’éducation physique et jeune entraîneur, il s’est retrouvé sur la piste d’échauffement des Jeux Olympiques de Montréal, aux côtés des meilleurs athlètes du monde. Presque 50 ans plus tard, Marie-Éloïse Leclair s’entraîne sur la piste qui porte son nom. Dans ce deuxième et dernier épisode de notre mini-série sur les 50 ans des JO de Montréal, on parle de transmission, de passion et de tout ce qui traverse le temps dans l’athlétisme québécois.
La piste d’échauffement : le meilleur stage de sa vie
Quand les organisateurs des JO de 76 ont offert à Benoît Leduc une place dans le stade, il a dit non. Il voulait la piste d’échauffement. Parce que c’est là que ça se passait vraiment. Les Australiens, les Européens, les Américains, les Sud-Américains. Des athlètes de partout dans le monde qui s’entraînaient sérieusement, méthodiquement, avec une concentration qu’il n’avait jamais vue.
Ce qu’il a appris là, en observant, en posant des questions, en regardant travailler des entraîneurs de calibre mondial, a alimenté toute sa carrière. Pour Benoît, observer les meilleurs entraîneurs du monde pendant des semaines, c’était une formation qu’aucune école n’aurait pu lui offrir.
Coacher la tête autant que le corps
Une des grandes convictions de Benoit Leduc : on n’entraîne pas juste un corps, on entraîne une tête. La volonté, la persévérance, la relation de confiance entre l’entraîneur et l’athlète. Selon lui, c’est ce qui fait la différence entre quelqu’un qui progresse et quelqu’un qui stagne.
Marie-Éloïse Leclair, qui a eu trois entraîneurs importants dans sa carrière, le confirme. Ce qui est resté constant entre chacun d’eux, c’est la connexion personnelle. Pas juste la compétence sur la piste. La capacité d’écouter, d’expliquer, de communiquer. La confiance se bâtit dans les deux sens.
Ne pas brûler les étapes
Benoit a entraîné des centaines d’athlètes au fil des décennies. Sa philosophie? Les faire progresser au rythme qu’ils sont capables de donner. Pas plus vite. Presser le citron pour avoir un champion scolaire, c’est facile. Développer un athlète sur le long terme, c’est une tout autre affaire.
Il compare ça à un diamant. Au départ, il ne brille pas fort. Mais si on fait attention, si on travaille avec précision et patience, tranquillement, il commence à briller. Et plus il brille, plus il faut être délicat. C’est ça, le développement d’un athlète.
Marie-Éloïse l’a vécu de l’intérieur. Personne ne lui a imposé le rêve d’aller aux Olympiques. C’est venu d’elle, à son rythme, avec les bons entraîneurs au bon moment. Et quand un entraîneur a senti qu’il n’était plus équipé pour l’amener plus loin, il l’a dit. Et il l’a guidée vers le prochain niveau.
Paris 2024 : l’autre côté du miroir
Marie-Éloïse Leclair était à Paris en 2024 pour le relais. Sans son entraîneur personnel sur place, sous la responsabilité des entraîneurs de l’équipe nationale. Une expérience qui lui a confirmé quelque chose : si elle voulait continuer à ce niveau, elle avait besoin d’un entraîneur qui évolue avec elle.
Ce qui frappe dans son témoignage, c’est la lucidité. Elle sait ce qu’elle cherche, ce dont elle a besoin, et elle n’a pas peur de le dire. C’est exactement ce que Benoît valorise chez ses athlètes : la capacité de s’approprier son propre développement.
Ce qui traverse le temps
50 ans séparent les JO de Montréal et ceux de Paris. Mais ce que Benoit et Marie-Éloïse partagent, c’est fondamentalement la même chose : une passion pour l’athlétisme qui ne se commande pas, une conviction que le mental est au cœur de la performance, et la certitude que les meilleures relations entraîneur-athlète sont celles qui se construisent dans la confiance et le respect mutuel.
La piste Benoit-Leduc à Saint-Laurent, c’est plus qu’un nom sur un panneau. C’est le symbole d’une passion transmise, d’une génération à l’autre, depuis 50 ans.
Écoute l’épisode complet sur le podcast Pourquoi tu cours? pour entendre Benoît et Marie-Éloïse raconter tout ça dans leurs propres mots.
Publié le 13/08/2026
CATÉGORIE Podcast