Derrière le dossard : comment un marathon prend vie

Tu te pointes au départ, adrénaline dans le tapis, écouteurs dans les oreilles. Ce que tu ne vois pas, c’est les centaines de personnes qui ont travaillé pendant des mois pour que ta journée se passe bien. Derrière chaque inscription, il y a une équipe entière qui orchestre la logistique du parcours, la gestion des foules, la coordination avec la Ville, les partenaires médicaux, le transport en commun. Chaque détail est planifié pour que toi, tu n’aies qu’à courir. On a posé la question à deux des cerveaux derrière le Marathon Beneva de Montréal : Alex Ratthé, directeur général, et Eddy Afram, coordonnateur des mesures d’urgence et des services médicaux.

La sécurité : une science, pas une improvisation

Un des aspects les plus fascinants de l’épisode? Eddy et son équipe ne réagissent pas aux incidents. Ils les anticipent.

Grâce à des années de données et à des modèles basés sur la littérature médicale, ils savent avec une précision troublante où et quand les incidents sont susceptibles de survenir. 

Le résultat : depuis 2022, le temps d’intervention moyen pour une urgence de haute criticité au Marathon Beneva de Montréal est de moins de 46 secondes. Les arrêts cardiaques? Réanimés à 100%. Personne n’est décédé depuis le renouveau du marathon, et Eddy en a fait son objectif professionnel.

Ce n’est pas de la chance. C’est du système.

 

Une clinique médicale unique au Canada

Ce qui distingue vraiment le Marathon Beneva de Montréal, c’est son modèle de soins. L’événement possède une clinique médicale sur le site dont la qualité de soins est équivalente ou supérieure à celle d’un hôpital traditionnel, spécifiquement adaptée à la réalité des coureurs. En cas de malaise grave, les ambulances transportent le coureur directement vers cette clinique, pas vers l’urgence d’un hôpital. 

Un parcours qui ne s’improvise pas 

Dessiner le parcours d’un marathon à Montréal, ce n’est pas juste tracer une ligne sur une carte. Il faut tenir compte des fermetures de rues, des résidents, des microclimats (42 kilomètres dans une ville, ça traverse des zones d’ombre, des îlots de chaleur, des côtes, etc.), des règles de distances d’Athlétisme Canada, et des contraintes de construction. À Montréal, avec tout ça, il n’y a pas quinze façons de faire.

Le résultat, c’est un parcours qui passe par le parc Jean-Drapeau, le Vieux-Montréal, la côte Berri, le boulevard Saint-Laurent jusqu’à la rivière des Prairies, le Village, le parc La Fontaine, et qui se termine dans le magnifique parc Maisonneuve. Des icônes de la ville, de bout en bout.

 

L’humain au centre de tout

Au fond, ce qui ressort le plus de cet épisode, c’est que, derrière les chiffres et la logistique, il y a des gens qui font ce travail parce qu’ils y croient vraiment.

Alex parle d’un coureur qui a franchi la ligne d’arrivée du 5 km en lui sautant dans les bras, en larmes, parce que ça faisait six mois qu’il avait arrêté de consommer. Eddy parle des coureurs qu’il va visiter à l’hôpital le lendemain d’un incident, et des anciens patients qui reviennent l’année suivante pour finir leur course.

35 000 coureurs. 35 000 histoires. Et une équipe entière qui travaille dans l’ombre pour que chacune d’elles se termine bien.

Publié le 18/06/2026

CATÉGORIE Podcast

ÉCRIT PAR Marathon Beneva de Montréal