Le sport au féminin, sans filtre

Cycle menstruel, grossesse, maternité, charge mentale. Ce sont des sujets que les femmes vivent chaque jour, mais qu’on entend encore trop peu dans le monde de la course à pied. Pour le dernier épisode de la saison, Virginie a reçu Geneviève Asselin Demers, coureuse professionnelle et maman monoparentale, et Carine Marcotte, coach certifiée et fondatrice de l’application Track 28. Une conversation sans tabou sur ce que ça veut vraiment dire de courir dans un corps de femme.

Le cycle menstruel : une information, pas une contrainte

La plupart des femmes qui courent savent que leur cycle a un impact sur leur entraînement. Ce qu’elles savent moins, c’est comment l’utiliser à leur avantage.

Carine Marcotte l’explique clairement : au lieu de demander à une coureuse d’ajuster son entraînement selon son cycle au jour le jour, elle intègre le cycle directement dans la planification. Certaines semaines seront plus intenses, d’autres plus légères. Sur un cycle complet, la charge d’entraînement reste la même. Mais elle est distribuée intelligemment, selon ce que le corps peut donner.

Un fait que beaucoup ignorent : juste avant les menstruations, le corps brûle entre 300 et 500 calories de plus par jour. Si tu n’as pas mangé en conséquence lors de ton entraînement, c’est normal que ta course soit plus difficile. Ce n’est pas dans ta tête.

 

La période des menstruations : une fenêtre de performance

Voici quelque chose qu’on ne dit pas assez : pour plusieurs femmes, les premiers jours des menstruations sont parmi les meilleurs pour performer.

Geneviève Asselin Demers le confirme de son expérience : les jours 1 à 4 de son cycle, elle est capable de déplacer des montagnes. Oui, il peut y avoir des inconforts. Mais quand tu sais d’où ils viennent, tu peux les apprivoiser plutôt que les subir.

L’idée que les menstruations empêchent de s’entraîner est encore trop répandue. La réalité, c’est que bouger pendant cette période atténue souvent les symptômes. Le mouvement aide. Et il n’y a pas de raison de mettre ses souliers sur la tablette.

 

Courir enceinte, courir après : le vrai portrait

La grossesse et le retour à la course, c’est un sujet qui inquiète beaucoup de femmes actives. Est-ce qu’on va pouvoir reprendre? À quel rythme? Est-ce que le corps va être le même?

Geneviève parle de son expérience avec une honnêteté désarmante : sa grossesse n’a pas été facile, son corps a traversé des épreuves importantes, et le retour à la course a demandé de l’adaptation, de la patience et beaucoup de force mentale. Ce qu’elle retient surtout, c’est que la force mentale qu’on développe à travers les défis physiques, on ne savait pas qu’on l’avait avant d’avoir à l’utiliser.

Son message n’est pas de faire comme elle. C’est de s’entourer de gens qui nous inspirent et qui nous ressemblent, pour croire que c’est possible pour soi aussi. À son propre rythme, avec son propre corps.

 

La charge mentale de la coureuse-maman

Concilier l’entraînement, le travail, les enfants et le cycle hormonal, c’est un défi logistique réel. Geneviève le nomme sans détour : être maman monoparentale et athlète professionnelle, ça demande des systèmes, de la planification et beaucoup d’acceptation.

L’acceptation, c’est peut-être le mot le plus important de l’épisode. Accepter que certaines semaines seront plus difficiles. Que la fatigue n’est pas toujours dans ta tête, elle est parfois dans tes hormones, dans ton sommeil, dans ta vie. Et que s’adapter, ce n’est pas reculer. C’est naviguer.

 

S’équiper pour courir dans un corps de femme

Un point soulevé dans l’épisode qui mérite d’être nommé : jusqu’à récemment, la quasi-totalité des équipements de course, souliers, vêtements, études sur la nutrition sportive, étaient testés sur des hommes. Les femmes couraient avec des outils qui n’étaient pas faits pour elles.

Tranquillement, ça change. Des brassières conçues pour tous les types de corps, des recherches sur le cycle menstruel et la performance, des applications comme Track 28 qui permettent aux femmes de mieux se connaître. C’est un début. Et c’est nécessaire.Ce qu’on retient

Connaître son cycle, c’est se donner de l’information. Pas pour se mettre de la pression, mais pour comprendre pourquoi certains jours sont plus difficiles que d’autres. Pour arrêter de se battre contre son corps et commencer à travailler avec lui.

Parce qu’au bout du compte, la coureuse la plus forte n’est pas nécessairement la plus rapide. C’est celle qui se connaît le mieux.

Écoute l’épisode complet sur le podcast Pourquoi tu cours? pour entendre Geneviève et Carine en parler dans leurs propres mots.

Publié le 24/09/2026

CATÉGORIE Podcast

ÉCRIT PAR Marathon Beneva de Montréal