Courir pour le plaisir : et si on oubliait le chrono?
Quand Karim Zniber a franchi la ligne d’arrivée du Marathon Beneva de Montréal en dernier l’an passé, sa réaction a circulé partout. Pas parce que c’était impressionnant comme temps. Parce que c’était impressionnant comme bonheur. On a parlé de tout ça avec Michelle Desrochers, humoriste, ambassadrice de Courons MTL et coureuse passionnée, et Karim Zniber, coureur et créateur de contenu qui n’aurait pas voulu que ça se passe autrement.
Finir dernier, et être le plus heureux
Karim Zniber a commencé à courir en mars 2024. Inspiré par du contenu qu’il a vu en ligne, il a enfilé ses souliers de tous les jours, mis ses gros écouteurs, et il est parti. Sans équipement. Sans plan. Juste le goût d’essayer.
En septembre 2025, il se retrouvait au départ du Marathon Beneva de Montréal. Et il l’a terminé — en dernier. La vidéo de sa réaction au fil d’arrivée a circulé partout. Pas parce qu’il avait fait un temps exceptionnel, mais parce qu’il était exceptionnellement heureux. Il dit lui-même qu’il n’aurait pas pu écrire une histoire plus belle.
C’est exactement ça, le plaisir de courir.
Courir, c’est aussi une façon de bouger sa tête
Michelle Desrochers est marcheuse dans l’âme. Elle court, oui, mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est le mouvement au quotidien. Les longues sorties au parc Maisonneuve. Les moments où l’esprit part à la dérive, où les idées arrivent, où on fait le ménage dans sa tête.
Pour elle, l’objectif n’a jamais été de finir détruite. C’est le contraire. Franchir la ligne d’arrivée en se sentant bien, comme si on pouvait recommencer. Ce n’est pas un manque d’ambition. C’est une autre façon de définir la performance.
Et cette vision là, elle inspire. Des gens lui écrivent pour lui dire qu’ils ont couru leur premier demi-marathon grâce à elle. Pas parce qu’elle est rapide, mais parce qu’elle prouve que ce sport est pour tout le monde.
Le plaisir comme point de départ
Karim et Michelle s’entendent sur quelque chose : c’est le plaisir qui fait qu’on revient. Pas les médailles. Pas les temps. Le fait de se sentir bien après une sortie, de retrouver des gens qu’on aime, de découvrir un nouveau quartier, de s’accorder une heure à soi.
Karim le dit clairement : quand il a recommencé à courir après une blessure au genou, il a changé d’approche. Des petites distances, presque chaque jour, sans pression. Et tranquillement, le plaisir est revenu avant la performance.
L’erreur classique : partir trop vite, trop fort
Les deux invités l’ont vécu à leur façon. Michelle a accompagné sa sœur dans un 21 km pour lequel elle n’était pas entraînée. Elle lui a menti sur la distance qui restait tout le long. Elles ont fini ensemble, en larmes, avec un grand sourire. Mais la leçon était claire : si tu te bats pour ta vie dès le quatrième kilomètre, ça va être long.
Karim a appris la même chose à ses dépens lors de son marathon. Une douleur au genou à partir du 25e kilomètre, intense, pendant 1h30. Résultat : plusieurs mois sans courir après la course.
La préparation, c’est la clé du plaisir le jour J. S’entraîner avec ses gels, connaître son parcours, respecter sa progression. Pas pour performer. Pour que la journée soit belle.
Chacun sa définition de la victoire
Karim vise un temps de 4 heures pour son prochain marathon, lui qui a terminé en 6 heures l’an passé. Il s’entraîne en zone 2, il suit son rythme cardiaque, il prépare chaque détail. Et il sait déjà qu’il va finir avec le sourire. Ça, c’est non négociable.
Michelle, elle, ne regarde pas sa montre. Son métrique à elle, c’est comment elle se sent au fil d’arrivée.
Deux approches différentes. Un même point d’arrivée : courir parce qu’on aime ça.
Écoute l’épisode complet sur le podcast Pourquoi tu cours? pour entendre Michelle et Karim en parler dans leurs propres mots.
Publié le 10/09/2026
CATÉGORIE Podcast